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Jamais le discours sur le changement n’a été aussi présent qu’aujourd’hui. Tout le monde parle de la nécessité de changer et des périls à ne pas le faire. Le Changement est à ce début du 21ème siècle dans notre vieille Europe ce qu’était le progrès au 20ème : une évidence incontournable mais que l’on a du mal à définir et encore plus à mettre en œuvre.
Nos entreprises sont confrontées à des changements de plus en plus fréquents, soudains, rapides, profonds : le changement est en train de devenir quotidien. Face à cela, nous voyons monter les incertitudes liées à la complexité des organisations et processus, au rythme effréné de l’innovation, à l’intensité concurrentielle, à la durée de vie de nos entreprises (des géants naissent et se développent très vite - Google, Baosteel…, et d’autres s’effondrent, luttant pour leur survie - General Motors, France Soir,..) et au rôle de l’état qui connaît lui-même de grosses difficultés à assurer ses fonctions régaliennes.
Il n’est pas étonnant que de nouvelles compétences et qualités soient nécessaires et recherchées chez les dirigeants et managers. Parmi celles ayant une valeur critique, il y a l’observation et le courage. L’observation pour mieux s’adapter et réagir, le courage non seulement pour atteindre les objectifs mais aussi de donner un point de vue différent.
Les entreprises qui gagnent actuellement ont généralement à leur tête un leader qui a une vision stratégique et surtout une excellente capacité d’exécution.
Chez ce leader, le courage va prendre toute sa place et son importance : il réussit très fréquemment à construire une culture de l’exécution avec la mise en place d’une dynamique de groupe et des personnes capables de déplacer des montagnes, des personnes satisfaites du travail accompli.
Comment fait-il pour s’entourer et mobiliser autant d’énergie ?
En plus d’écouter, de partager, ce leader a le courage de dire la vérité, de prendre des risques et de les assumer, de prendre des décisions impopulaires dans l’immédiat mais nécessaires pour le mieux être de tous, mais aussi le courage de passer à l’action tout en étant conscient du jugement que l’on pourrait porter sur lui dans le futur.
Faites vous-même un rapide exercice. Posez-vous les questions suivantes en les appliquant à votre entreprise, à ses dirigeants et managers : demandez-vous ce qu’il faudrait faire pour changer ces situations. Pourquoi de nombreux managers se transforment progressivement en suiveurs passifs ? Pourquoi avons-nous besoin de nous réfugier derrière la contrainte de l’actionnaire/la bourse pour annoncer un plan significatif de restructuration alors qu’il s’agit fréquemment d’un besoin d’adaptation nécessaire à la survie de l’entreprise et à son développement dans la compétition mondiale ? Pourquoi quand un projet stratégique dérape de manière très importante, nous préférons régulièrement donner des rallonges de budget et de planning plutôt que d’arrêter l’opération et de reconnaître l’échec?
Face à ces situations difficiles et déstabilisantes, la Peur de l’échec est à son plus haut niveau : nous cherchons à l’éviter quel qu’en soit le coût. Et le courage fait fréquemment défaut.
Pourtant faire preuve de courage permet de surmonter les obstacles et d’orchestrer les conflits pour les transformer en opportunités.
Mais malheureusement, pour l’instant de telles attitudes sont bien peu récompensées au cours des distributions de prix. Rêvons d’une cérémonie des Courage Awards !!
Je suis convaincu que ce sont les hommes et les femmes qui font et qui feront encore plus demain la différence dans cette période de profonde mutation.
A chacun d’assumer ses responsabilités.
Messieurs les actionnaires, placez à la tête des entreprises des leaders ayant une vraie vision stratégique et surtout une très grande capacité à exécuter.
Messieurs les dirigeants, entourez vous des personnes capables de déplacer des montagnes.
Messieurs les managers, développez dans vos équipes « le courage de tous les jours » : la volonté de persévérer au quotidien, d’accepter les critiques et de ne pas se laisser aller à la facilité.
Vous serez surpris de la vitesse à laquelle vos équipes retrouveront le sens de l’effort et le goût de la performance.
Avis d’expert paru dans la revue RH&M – janvier 2006
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